Poussières nomades
Poussières et carbone noir
En collaboration avec Léna Urso, spécialiste des brumes et chercheuse en Esthétique du cinéma
Pièce produite dans le cadre du projet Matériaulogie des images
2026
Poussières, carbone noir et noir de carbone, sable du Sahara ou pollen des cupressacées se déposent quotidiennement sur nos véhicules. Tapissées d’agrégats, les carrosseries deviennent des supports qui témoignent tant du mouvement qu’elles produisent que des vents qui charrient ces particules. Tel un circuit fermé, elles émettent, elles aussi, ces particules. Le carbone noir, issu du pot d’échappement, reste imbrûlé et échappe aux filtres anti-pollution, pendant que le noir de carbone se désagrège des pneus avant de se suspendre et de se déposer. Ces microparticules polluantes s’échappent d’un lieu précis et voyagent ensuite, au gré des vents, sur des centaines de kilomètres, dans une zone qui ne les a pas émis, pour en polluer les airs et en révéler les dangers imperceptibles. Nomades, les poussières errent tandis que le véhicule s’habille de ce qu’il produit. Il incarne sa propre pollution, il se colore de ses propres suies. L’agrégation de ces infimes particules est prélevée séquentiellement pour témoigner de son existence, habituellement imperceptible. Il s’agit alors de reporter le centre de notre attention visuelle sur les poussières en les fixant par le biais du scanner.